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Week-end de rêve ... retour de merde...

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Vendredi 28 Décembre 2007, j'ai décidé de faire une nav de Nîmes à Nice, pour rendre visite à Bernard, un pendulous sans piste avec qui j'ai sympathisé.
L'atterro se fait dans le champ du voisin qui nous a donné son accord.

L'après midi, petits vols en local juste histoire de se dégourdir les iXess.

La nuit se passe à la belle étoile avec une température de moins 2° C (les pendulaires, pas nous !...).

Le samedi matin on décolle vers 9 heures pour destination Aspres-sur-Buech en passant par les vallées.




Nous arrivons sur une base immense, mais vide. C'est la première fois que je m'y rends et comme j'ai lu les péripéties, j'ai voulu apporter ma pierre et contribuer un petit peu pour dire "NON à la fermeture". Manque de bol, il n'y avait personne sauf 2 allemands qui essayaient en vain leur deltaplane.

Donc, on a mangé à l'auberge du coin et retour avant la nuit en passant au dessus des montagnes, puis, re-posé dans le champ du voisin. C'était féerique !...




On s'est fait un petit resto et on a rempli les bidons d'essence afin de décoller le lendemain matin pour Nîmes.

La nuit passe, les degrés descendent et avant le lever du jour nous sommes sur la piste improvisée pour préparer la machine.

En effet la météo annonce des nuages sur la région et du Mistral à 65 km/h vers Nîmes. Donc, l'idée est de décoller avec l'arrivée du soleil, traverser les Préalpes, foncer sur Vinon et enfin traverser la vallée du Rhône avant qu'Eole ne se manifeste trop.
7 heures, du mat, j'ai des frissons ... FL01 ronronne pendant que je mets mes chaussures. L'aile est recouverte de 5 mm de givre, le moteur prend sa température de croisière pendant que les nuages commencent à arriver.
7 heures et demi, le BMW est chaud, Bernard me fait les dernières recommandations d'usage et j'y vais.

Je suis sur le haut de la piste (du champ) qui est en dévers tel une altisurface, (tu atterris dans un sens et tu décolles dans l'autre). Sur le côté une route et au bout une ligne EDF de 20 000 volts. Donc, plein pot, frein bloqué jusqu'a ce que FL01 avance quand même.

Je lâche tout et prend de la vitesse. Je remarque deux voitures sur la petite route qui avancent en même temps que moi.

L'ULM roule plus longtemps que d'habitude. Je pousse un peu la barre pour solliciter l'envol, la roue avant décolle et se repose 3 mètres plus loin. La barre est lourde, très lourde. "Merde, la glace !...", j'aurai peut-être dû la retirer, me dis-je dans mon fort intérieur.

Il est trop tard pour couper les gaz, nous sommes en descente, l'herbe est gelée et deux voitures sont sur ma trajectoire. Je tire la barre et continue à prendre de la vitesse. Une bosse se présente sous mes roues, j'en profite pour pousser à nouveau la barre. FL01, tel un albatros décolle péniblement.

Je ne peux m'empêcher de penser à cet avion aux Etats-Unis qui après son envol n'a pas pu prendre d'altitude et a fini sa course dans le fleuve voisin. Les images des secours me viennent à l'esprit. L'hélico qui fait des va et vient avec des gens qui s'accrochent désespérément à la corde pendue.

La nuit n'est pas tout à fait finie. Le givre blanc recouvre la totalité de l'espace qui m'entoure. Je passe au dessus des deux voitures. La ligne EDF est encore à 50 mètres, quand soudain... comme au milieu d'un cauchemar, ce qui ne m'était jamais arrivé avec mon fidèle FL01, arriva...

Le moteur a une ratée. L'aile devient encore plus lourde. Je la tire un peu pour prendre de la vitesse et vise juste au dessus de la ligne. Le régime moteur reprend toute sa puissance puis, de nouveau une deuxième ratée...

Je ne peux plus me permettre de rendre la main. Je pousse la barre qui est de plus en plus lourde, "le décrochage n'est pas loin", pensais-je. La ligne passe sous les roues... ouf, je suis prêt à me vacher tout droit devant. Les automatismes reprennent le dessus. Je laisse l'accélérateur à fond et rend la main pour ne pas décrocher...

L'appareil s'enfonce encore un peu, mais la ligne est passée. Le terrain est en pente et la cime des arbres reste à égale distance. Je ne m'enfonce plus, le moteur pousse. Je rends encore la main pour prendre de la vitesse et cherche d'un rapide tour d'horizon un truc qui ressemblerait à un champ sans arbres et sans maison. Là, sur la gauche un champ avec des chevaux. Super !... L'appareil se décide à monter. Je vire à gauche et continue à prendre de l'altitude.

En quelques secondes j'atteins 1000 pieds. Le moteur prend bien ses tours. Je ne peux me décider à couper les gaz et traverse la couche qui ne fait que quelques dizaines de mètres. Au dessus, il fait beau.

Le GPS me dit où je dois me rendre. Il est très optimiste, du style : "tu passes ces quelques montagnes... ensuite, tu descends sur le lac de Sainte-Croix... tu survoles Vinon... tu vas vers Avignon, puis la vallée du Rhône et tranquille tu poses tes roues à Nîmes/Courbessac". Ouais, mais il oublie deux détails, ce grand couillon !... D'abord, il y a 65 km/h de Mistral qui m'attendent dès que j'en aurai fini avec le relief. Ensuite, je ne suis plus tout à fait sûr de passer le relief.

En effet, l'adrénaline coule à flot dans mes veines. J'ai pas eu peur, j'ai géré. Mais maintenant, c'est super beau... je me relâche et la peur me rattrape. Je ne suis pas un héros !... Juste un papa de trois petits, qui décompresse de temps en temps. Non, je ne vais pas passer le relief et contrer le Mistral sans savoir pourquoi FL01 à toussé à deux reprises !...

Je prends la décision de reposer sur l'altisurface improvisée de Bernard. Tant pis pour ma fierté, les cimetières sont plein de héros...

Bernard à vécu les mêmes péripéties aux mêmes moments que moi, mais en spectateur ; ce qui doit être encore plus terrible.

Nous sommes reparti bras dessus, bras dessous, pour aller boire un café. Il y a des moments dans la vie, où le fait de pouvoir boire un café avec son "pote" vous fait relativiser "le pouvoir d'achat".

A bientôt pour de nouvelles aventures avec FL01 ... révisé !...

Vous trouverez d'autres photos prises depuis mon Pendulaire, ici : http://pendulaires.free.fr/... ...Nice

Roland ANDRAL











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