Pilote ULM depuis 1987, je rêvais de survoler le Mont-Blanc... |
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Mes appareils successifs ne m'ont jamais permis d'entreprendre une telle expédition. Au mois de Juin 2006, je me décide, enfin, à casser ma tirelire et j'achète l'ULM Pendulaire de mes rêves.
Son nom de baptême : FL01
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Vingt ans que je vole, donc, et toujours sans radio.
Comme je peux désormais envisager des grands vols avec plus de 5 heures d'autonomie, je décide donc d'acheter une radio d'occasion.
Bien mal m'en a pris, car je ne savais pas qu'il fallait une LSA (Licence de Station d'Aéronef) qui permet d'avoir un code pour s'identifier en vol.
Ce n'est pas tout. Même si vous avez cette fameuse LSA, il faut en plus passer une qualification qui certifie que vous causez bien dans le poste.
En effet, en 1987 il n'était pas question de radio sur ces pendulaires qui de toute façon volaient tous en local.
Bref, pour résumer : j'ai un appareil qui vole bien et une radio parfaitement illégale (mais je ne le sais pas encore) et je décide en ce début d'été 2006 d'aller survoler le Mont-Blanc à partir de Saint-Affrique (Aveyron) où est basé mon pendulaire.
Mercredi 5 juillet 2006, 6 heures du mat.
Je décolle de l'aérodrome Saint-Affrique Belmont (LFIF) à destination de Nîmes qui sera ma première escale, puisque c'est la ville dans laquelle je réside toute l'année.
Le soleil se lève, la météo annonce un léger vent de Nord-Ouest, tout va bien. Au bout d'une demie heure, je survole le pont de Millau avant de me poser sur le Larzac ... pour prendre un petit déjeuner sur l'aire de l'autoroute. |
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| Puis, le ventre plein, je survole Lodève, j'évite Montpellier en passant au Nord du pic Saint Loup.
Je contourne le camp militaire des Garrigues et me pose sans problème sur l'aérodrome de Nîmes-Courbessac. |
A Courbessac, un instructeur nommé Dédou avec qui je n'ai jamais volé mais qui a toute ma sympathie, me permet de rentrer mon pendulaire pour la nuit dans un hangar.
Mon interlocuteur m'apprend qu'il faut un code pour parler à la radio... et même un transpondeur pour survoler certaines zones !...
Comme j'avais prévu de partir le lendemain matin, je prépare un plan de vol avec toutes les zones où je dois bien écouter le trafic et... me taire.
En effet, je n'ai pas d'identifiant, donc je n'existe pas.
Le survol de la CTR d'Orange me pose un cas de conscience. Je décide de partir une demi heure avant le lever du soleil et de voler suffisamment bas pour ne pas être détecté par les radars et surtout ne pas gêner les avions de lignes qui vont sur Avignon.
Je prends la météo qui annonce un vent Nord-Ouest de 11 kilomètres par heure. En volant barre au neutre j'avance à 100Km/h, même si ça souffle à 20Km/h ça devrait me laisser un peu de marge pour avancer tout de même.
De toute façon, je suis en vacances et rien ne me presse. Donc, la décision est prise, demain matin, j'y vais.
Je mets 60 litres d'essence dans le réservoir + 20 litres dans un bidon (en place passager), qui me servira de dossier le long du voyage. On ne sait jamais, si j'ai du vent de face, je serais peut-être content de me poser dans un champ et rajouter un peu de carburant. En moto ça ne me dérangerait pas trop de pousser le dernier kilomètre mais là ?... Oui !...
Compte tenu qu'avec l'injection électronique je consomme 10 litres à l'heure ça me laisse le temps de voir venir. D'autant plus qu'en prévoyant une moyenne de 80 Km/h il me faut 3h30 pour rejoindre Megève.
Je décide de dormir sur l'aérodrome pour décoller très tôt le lendemain matin.
Jeudi 6 juillet 2006, 5 H ½ du mat.
Il fait encore nuit sur la base. La lueur du jour pointe son nez pendant que FL01 ronronne doucement pour se chauffer les entrailles.
Une dernière vérification pour s'assurer qu'il n'y a pas une fuite d'essence ou d'huile et c'est le décollage pour l'aventure tant convoitée.
Etant tout seul sur le tarmac, je m'autorise un décollage à partir de la piste avion.
Gaz à fond, l'appareil est en l'air au bout de 50 mètres. Je tire la barre en maintenant les gaz à fond et me retrouve rapidement à mille pieds alors que la piste se déroule encore sous moi... ça ne m'a pas mis la puce à l'oreille tant j'étais excité par ce départ...
Ca y est, j'y suis, à moi la liberté ... Cap sur le Mont-Blanc ou plus exactement, cap sur Megève (LFHM).
L'appareil monte, monte et monte encore... un peu trop à mon goût, alors je règle le trim pour avoir la finesse maximum et je tire un peu la barre tout en réduisant les gaz.
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Cinq minutes passent et je n'ai pas encore survolé le Gardon : "- tiens, ça rame aujourd'hui", pensais-je.
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Puis, machinalement je jette un coup d'œil sur le badin qui me donne 120 Km/h. Bon, c'est pas mal, me dis-je.
Ensuite je vérifie le cap au compas, 38°, OK. Puis l'altitude, 3000 pieds, OK !...
Enfin, je dirige mon regard sur le GPS. Là, quelque chose attire mon attention, il semblerait que je sois bien aligné sur la trajectoire que j'ai préparé la veille mais les chiffres au bas de l'écran ne semblent pas cohérents.
Voyons : [ 40 ] à gauche et [ 07 : 01 ] à droite, qu'est ce que ça veut dire ?... QUOI ?... (m'esclamège soudain) vitesse au sol 40 Km/h ?... et arrivée dans 7 heures ?... Alors que je vole à 120 Km/h ??!!!...
Heu, voyons, 120 moins 40, ça fait 80 Km/h de vent, ça !... et là je remonte le Rhône, sauf erreur de ma part, le vent qui vient de face quand on remonte le Rhône, ça s'appelle du MISTRAL. Donc, je me tape 80 Km/h de Mistral de face et il est 6 heures du mat !...
Pourtant au sol ce n'était pas violent et la météo donnait moins de 20 Km/h de vent du N-O... de plus ça bouge, mais ce n'est pas terrible, j'ai vu pire.
Remarque, me dis-je, l'avantage, c'est que si je fait demi tour, je volerais à 200 Km/h et ça, ça ne m'est jamais arrivé en pendulaire.
Bien, faisons le point... il y'a une décision à prendre. Je n'avance pas vite, soit ! Mais j'avance !... J'ai 80 litres d'essence et je suis en vacances. Il n'y a pas péril en la demeure. Le pilotage est un peu viril, mais c'est supportable. Je devrais pouvoir piloter comme cela pendant 7 heures... et puis, une fois sorti du couloir du Rhône, tout ça devrait se calmer !...
Et puis si je veux revenir, à 200 Km/h j'aurai vite fait. Bon, allez : je prends la décision de continuer !...
Au bout d'une heure et demi, je m'approchais d'une centrale nucléaire et me demandais si j'allais passer à droite ou à gauche ?
Comme mon cap était en plein dessus et qu'en passant par la droite je serais plus tôt sur les montagnes, je choisi de passer à droite. Il m'a encore fallu une bonne vingtaine de minutes pour traverser le Rhône.
Puis, je me suis rappelé qu'il fallait que je vole bas because je n'ai pas le code pour la radio et que je ne peux pas parler sous peine de me faire lyncher par le gars de la tour qui ne comprendra pas pourquoi je ne suis pas en règle...
J'aurais l'air fin s'ils m'envoient un hélicoptère pour me tirer les oreilles, déjà que le vent souffle je ne tiens pas à me faire secouer encore plus. Tout en pensant au puma qui viendrait me tirer les oreilles, je perdais de l'altitude et commençais à voir le relief, première augure de ce qui m'attendait à l'approche du Mont-Blanc.
Soudain, sans que j'accélère, l'appareil se cabre, tel une fusée. Par une action réflexe, je tire la barre et coupe les gaz, et hop, quart de tour à droite, je compense à gauche et plouf l'engin s'enfonce comme sur un décrochage ; remise de gaz à fond et ainsi de suite pendant plusieurs minutes.
J'avais un peu de mal à garder une direction et me dit que la solution était de prendre de l'altitude pour être au dessus des remous provoqués par le relief juste en face. Tant pis pour l'hélico !...
Le problème était que l'appareil choisissait seul où il voulait aller. Son pilote ne faisant que lui suggérer une direction. Je commençais à transpirer, les bras se tétanisaient, les mouvements devenaient saccadés et le moral tombait au plus bas...
Bien, là je n'ai plus le temps de faire le point et je propose à qui veut l'entendre de poser l'appareil le plus rapidement possible avant que les forces ne fassent défaut. Personne à bord ne m'a contredit : c'est l'avantage d'être seul à bord, les votes sont vite fait !...
| Je regarde au dessous de moi, j'étais en plein sur une ville. |
Quant on est pilote de Pendulaire on repère, sans même s'en rendre compte, les terrains qui seraient "posables", si besoin était. Hors, mon dernier repère était un grand terrain, bien délimité au milieu d'une ville... Entre deux "galipètes", je jette un coup d'œil sur l'arrière et confirme un grand espace vert, bien dégagé.
Je fais donc un virage à droite et soudain le GPS prend 160 Km/h, je fini le demi tour et me retrouve à trois cent mètres de ma piste improvisée. La vitesse sol revient à 40 Km/h et j'ai le temps de contempler ce qui va devenir mon aérodrome. Il s'agit de l'hippodrome de Bollène.
Dans ces moments là, les neurones bossent à pleine charge. Je laisse les automatismes s'occuper du pilotage (de toute façon une aile delta ça n'a besoin de personne pour voler !...) et concentre toute mon attention sur MA piste.
Tout d'abord, il n'y a personne aux alentours, les tribunes sont vides, pas de camions pour transporter les chevaux. C'est déjà pas mal.
Ensuite y a-t-il des poteaux qui seraient susceptibles de supporter des fils pour haut parleur ou éclairage ?... Non, je ne vois rien !... Bon allez, je prends le temps de couper les gaz et de repérer au milieu si il y a des sillons pour l'irrigation. Non, je ne vois rien !...
Bon, alors rien ne s'oppose à un atterrissage salvateur !...
Révisons la théorie : Si le vent météo est de 80 Km/h, sachant que mon appareil est capable de poser à 65 Km/h, si je ralenti trop, je recule. Au contraire, si je me pose avec une vitesse au badin de 110 Km/h ça ne fera par rapport au sol que 30 Km/h, parfait je vais pouvoir poser très très court !...
Donc, pas la peine de viser le début de la piste, je regarde au milieu et je repère au ras du sol s'il n'y a aucun problème, sachant qu'au dernier moment, si pb, je pousse la barre et je prend 500 pieds d'un seul coup, sinon, je tire à fond et je suis "scotché" au sol.
Allez, on y va. On arrête de réfléchir et on laisse bosser le pilote. Le feeling prend le relais...
Le sol se rapproche comme à la répétition, les jambes tendues au maximum pour bien me caler dans le siège et ressentir chaque réaction de l'appareil, pour anticiper les coups de semonces qu'essaie de me porter le Mistral.
Le sol se rapproche doucement, mes yeux font abstraction du décor et se concentre sur les 50 mètres où doivent se poser les roues.
Une nouvelle rafale fait bouger la voile, les bras réagissent pour imposer la trajectoire, cette fois je ne le laisse pas aller où il veut, le BMW m'aide bien pour contrer les caprices du vent.
Plus qu'un mètre avant de toucher.
Pas de sillons ?... Pas de tronc d'arbre en travers ?... Pas de piquet ?... Que de l'herbe !... OK, je pose !...
Les roues touchent doucement. Une fois la barre tirée, le tricycle se retrouve cloué au sol.
Sans couper les gaz ni freiner, je me dirige vers un gros chêne qui semblait me tendre ses bras en agitant ses grandes branches vertes. Tout en descendant de l'appareil je prends les sangles que j'avais pris soin de ranger dans la poche latérale droite du GTE.
En deux temps et trois mouvements FL01 est verrouillé
au chêne qui va devenir son compagnon d'un jour. |
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Ma petite famille, qui devait partir en voiture à 4 heures du matin pour me rejoindre sur l'aérodrome de Megève avait ... comment dire ?... Différé l'heure de départ.
Quand j'ai téléphoné pour prévenir de mon retard probable, Laetitia (ma compagne) éclata de rire et m'annonça que cela tombait bien puisqu'un panneau sur l'autoroute indiquait : "Bollène 20 Km".
"- Si tu veux, les enfants et moi venons faire un pique nique ce midi avec toi !...", me dit-elle.
Quelle aubaine alors !... Transformer une galère en partie de plaisir avec les enfants.
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Aussitôt dit, aussitôt fait. Une demi heure plus tard les petits
courraient partout sur l'hippodrome en me félicitant de la super idée
que j'avais eu de venir manger dans "le grand champ pour les chevaux". |
Après le repas, en bon méridional, je reprends des forces en faisant une grosse sieste sous les arbres.
Vers 19 heures, le vent ne mollit guère mais le moral est au beau fixe. Je prends la météo à plusieurs reprises et le verdict est toujours le même "vent modéré".
Il y a donc un effet venturi dans cette zone !... Je dois m'échapper d'ici, prendre de l'altitude et aller sur le relief. Après ça devrait aller mieux. De toute façon, au pire je sais que je peux revenir ici en un temps record.
Donc, ma décision est prise, je repars à 19 heures 30.
La tabasse est toujours là mais les forces reprises et le moral aidant, je réussis à prendre de l'altitude et reprend le cap que je n'aurais jamais dû laisser tomber...
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Deux heures plus tard je survole Grenoble distant de 125 Kilomètres.
Soit une moyenne de 60 Km/h
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Le soleil commence à bien baisser à l'horizon et vu ma moyenne horaire je ne pense pas arriver à Megève avant la nuit.
Que faire ?... Il me reste tout au plus une heure de jour et un peu plus d'essence.
Soit je me pose à Grenoble et demain j'aurais encore du chemin à faire. Soit j'essaye de tirer profit de cette heure qui me reste.
En effet, voler en montagne vers la tombée de la nuit, c'est quelque chose !...
Je ne peux pas atteindre la carte qui est dans la poche latérale. De toutes façons je ne pourrais pas la lire sans me poser (je ne savais pas à l'époque qu'il existe des planches à fixer sur les genoux par des velcros pour pouvoir lire les cartes en vol).
Je demande donc au GPS de me donner les aérodromes les plus proches de ma position. Il y a Grenoble au dessous et Chambéry à 45 kilomètres.
Vu que le jour baisse, le vent météo baisse aussi. Donc ma vitesse augmente. En tirant un peu plus sur la barre de contrôle le calculateur me donne une arrivée dans 35 minutes sur le terrain de Challes-les-Eaux, près de Chambéry.
| Allez, on y va !... Profitons de cette belle soirée et cap sur Challes-les-Eaux.
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A mon arrivée, les planeurs font la queue pour se poser.
J'observe tout d'abord leur procédure d'approche, écoute ce qui se dit à la radio et entame enfin une descente en imitant ce que je viens de voir.
L'accueil est très réservé et je sens bien que je dérange. Mais chacun reste poli. Je demande 20 litres d'essence, pour finir mon périple le lendemain matin... j'essuie un refus sous le prétexte que la vente de carburant est illicite, et qu'ils ne veulent pas d'ennui avec les impôts. "- Heu... celle là, on ne me l'avait jamais faite !...".
Je décide de retourner vers mon pendulaire et de prendre le temps de la réflexion. De toute façon, il ne sert à rien de tergiverser, je dérange et puis c'est comme ça.
Ce n'est pas après moi qu'ils en ont mais ils doivent avoir eu des déboires par le passé. Après tout, je les plains car ils doivent être malheureux pour réagir comme ça envers un inconnu qui leur tend la main.
La nuit tombe rapidement et je décide de dormir sous mon aile. Après tout, demain il fera jour et j'aurai bien le temps de trouver une solution pour acheter de l'essence...
Soudain, une voiture stoppe à ma hauteur et un vieux monsieur s'approche de moi en me demandant si je veux toujours de l'essence ?... "- Oui, avec plaisir !...", dis-je aussitôt. "- Allez venez, je vous conduis au super marché ou il y a un distributeur par carte bleue".
Le monsieur relativise la réaction de son collègue, mais de toute façon je n'y attache aucune importance. J'apprends de sa bouche que dans une heure il va y avoir la demi finale du mondial de foot et qu'il a juste le temps de me ramener avant que ça ne commence.
France - Allemagne, ça doit être un match très important car les rues sont vides. Les bars sont pleins et même le camping au bout de la piste retient son souffle. Rien ne rentre, rien ne sort, le calme est partout. Je n'ai jamais vu un aérodrome aussi calme !...
La lune éclaire la piste de décollage. J'entrevois le relief et je regarde sans cesse l'horizon vers lequel je vais bientôt m'envoler.
Un orage éclate au loin. De gros nuages passent et les éclairs vont bon train sur les montagnes dans la direction que je vais prendre demain matin.
Je me couche sous l'aile delta. Les gants me servent d'oreiller. Je n'ai pas mangé, mais la beauté de ce spectacle me nourrit amplement.
Les rêves me remplissent la tête. Je somnole les yeux ouverts, ne voulant pas perdre une seconde de ce merveilleux spectacle. Pendant que le ciel gronde, je m'imagine survoler le Mont-blanc.
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Je me rejoue le film que je suis en train de vivre :
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- Le départ de Belmont sur Rance. - Le viaduc de Millau. - La nuit sur l'aérodrome de Courbessac. - Le pont du Gard. - Le poser sur l'hippodrome de Bollène. - Le pique-nique en famille. - Le survol de Grenoble. - L'arrivée rocambolesque sur Chambéry.
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Quel bonheur !... Et dire que je vis ça tout seul... c'est un crime de ne pas partager ces moments là !...
Alors que mes yeux se régalent du spectacle montagneux, alors que mon cerveau culpabilise de l'égoïsme de ma situation, des klaxons retentissent dans toute la ville. Tiens, "- ON a gagné !...", pensais-je. Hé oui, il y a des gens qui donnent de l'importance à des jeux et passent à coté de LA vie...
Je ne peux m'empêcher de penser aux Romains qui construisaient des arènes pour rassembler le peuple. Ainsi quand le peuple est occupé... il ne pense pas aux choses du Royaume et César peut envahir la Gaule, ruiner les caisses de l'état... "le peuple est heureux !...". C'est comme ça, on est des humains et c'est tant mieux.
De toute façon, je ne vaut pas mieux, moi qui contemple la nature tout en contribuant à sa destruction avec mon moteur thermique...
Vendredi 7 juillet 2006, 5 H du mat.
Mes yeux s'ouvrent, je ne peux plus dormir. C'est trop beau la nuit après l'orage !...
Je range mes affaires. Grignote quelques madeleines que m'ont laissé les petits après le pique nique. Bois un peu d'eau et je suis prêt pour le départ.
Il est 5 H et demi quand FL01 prend son envol. Le jour se lève à 6 heures, je suis déjà sur les montagnes.
Que du bonheur !!!...
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Les soixante kilomètres qui séparent Megève de Chambéry sont parcourus en moins d'une heure.
| Le posé sur l'aérodrome de Megève se fait aucun problème.
Tout le monde dort et c'est une ville morte que je découvre.
Tout est trop propre, trop bien rangé, triste quoi ! |
Je téléphone à ma compagne Laetitia qui a rejoint de la famille à Argentières, avec les petits. Je lui fait part de l'atmosphère à Megève qui ne m'a pas plu... et une demi heure après, je décolle avec pour destination Sallanches. Sallanches, petite ville au pied du Mont-Blanc !...
L'accueil est chaleureux. Olivier FLAHAUX, qui est instructeur ULM sur cette base, nous reçoit et prend soin de la machine.
Ensuite, c'est le délire des sens !...
On en prend plein la vue...
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Jugez plutôt par vous même ... http://pendulaires.free.fr/Mont-Blanc
A 5000 mètres FL01 continue de grimper à 2 mètres par seconde. Merci BMW et Monsieur CHAPELET, l'injection électronique c'est fabuleux!
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Dimanche 16 juillet 2006, 9 H du mat.
Petit détour par le Mont Ventoux, on remonte le Rhône et en 3 heures le voyage retour est bouclé !...
A bientôt pour de nouvelles aventures avec FL01...
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Roland ANDRAL